La présidente de Poitou-Charentes était en veine de confidences, hier, à Poitiers. Elle s'est dite absolument pas préoccupée par la présidentielle de 2012
Sereine, décontractée, Ségolène Royal s'est livrée à une discussion à bâtons rompus avec la presse régionale, hier à Poitiers. Un échange qu'elle a instauré depuis près de six ans et qui est souvent, pour elle, l'occasion de faire passer une foule de messages.
Ce fut le cas hier, lorsqu'elle a évoqué le Parti socialiste, se gardant bien du moindre mot désagréable à l'égard de Martine Aubry. Bien au contraire, celle-ci devrait venir à l'une des universités populaires que Ségolène Royal a décidé d'organiser à Paris tous les lundis soir avec des plateaux souvent prestigieux.
Ainsi, lundi prochain, sera-t-il question des pesticides et de leur influence sur la santé de l'homme, avec la participation du cinéaste Jean-Paul Jaud et du cancérologue Dominique Belpomme.
« Le PS, je ne m'en occupe pas. Je l'ai souhaité mais, au bout du compte, ce n'est pas moi qui le dirige. On ne va pas mener une guérilla sans fin.Je soutiens ce qui est fait, je suis loyale. Un point, c'est tout », explique la présidente de Poitou-Charentes qui, c'est évident à l'entendre, ne supporte plus que son nom soit cité à tort et à travers dans le parti.
« Je ne veux plus que mon nom soit instrumentalisé par tel ou tel courant. Je ne suis pas dans un courant et j'ai obtenu 50 % des suffrages des militants.Toute ma vie j'ai été hostile aux courants. Ils ont toujours fait beaucoup de mal au PS, ils détruisent les relations humaines », s'emporte-t-elle, avant de préciser que Désirs d'avenir, ce que d'aucuns ont toujours considéré comme le... courant Royal, était sur le point d'être transformé en « laboratoire d'idées », ses principaux responsables constituant autour d'elle un conseil politique. « Des gens avec qui je discute dès que besoin. Pas de courant, mais alors sur quoi s'appuyer pour une éventuelle candidature à la présidentielle de 2012 ? La question est posée, la réponse tombe, cinglante : « Parler d'une telle candidature, c'est dérisoire quand vous voyez la cohorte de plans sociaux, les usines qui ferment, les machines qui flambent. J'avais Estrosi au téléphone voilà quelques minutes pour lui faire prendre conscience de la gravité de la situation dans une usine de sous-traitant automobile de la région de Châtellerault. À côté de cela, 2012, c'est vraiment dérisoire. Je n'y pense absolument pas, ne serait-ce que par hygiène personnelle. Ah non, au secours, ne nous abîmons pas là- dedans ! Et puis, dois-je rappeler que j'ai beaucoup donné ? »
Un mot pour regretter que « la droite s'empare de tout » - « vous avez vu qu'ils veulent lancer des jurys citoyens, et je ne parle pas de démocratie participative ! » - et elle avoue que son premier objectif, c'est Poitou-Charentes. « Je veux faire bien ce pourquoi je suis mandatée.
Ma passion, c'est la politique, et je suis profondément heureuse de tout faire pour sauver Heuliez. Ma force de frappe, ma notoriété, je l'apporte à Poitou-Charentes, ne serait-ce qu'à chaque fois que j'interviens à la télé. On me disait qu'en quittant l'Assemblée, je n'allais plus exister, qu'un président de Région, ce n'est pas très prestigieux dans la galaxie politique.
Or, une région, c'est un territoire vaste où l'on ne peut demeurer encroûté, où il faut être imaginatif. La politique et les projets vont de pair. » Serait-elle déjà en train de dresser un bilan en vue des prochaines régionales ?
« C'est quand, les élections ? » lance-t-elle, sérieuse, avant d'indiquer qu'elle lancerait sa campagne « le plus tard possible ». « Pour l'instant, nous sommes au travail. Après les soubresauts que l'on sait, il y a une très bonne ambiance dans la majorité. »
Et aussitôt l'ancienne candidate à la présidence de la République de repartir dans le concret, « dans le besoin d'articulation très forte entre le local et le global », dans sa politique de croissance verte citée en exemple bien au-delà de l'Hexagone.
De se réjouir de son prochain voyage à Dakar pour la conférence des ministres africains de l'environnement.
« On sera bientôt copiés une fois encore, puisque la Région a établi avec le Sénégal une coopération décentralisée prévoyant la mise en place de bourses tremplins, d'aides à l'élevage caprin », sourit la présidente de Poitou-Charentes qui, elle le jure, ne songe à rien d'autre qu'à quatre départements français...
• Le préfet de région, Bernard Tomasini, ne passera pas ses vacances avec Ségolène Royal. Le représentant de l'État avait dénoncé urbi et orbi l'attitude de la présidente de région qui, selon lui, avait décommandé au dernier moment le 22 juin son intervention devant les conseillers régionaux.
Il est annoncé lundi prochain pour présenter les dossiers «routes nationales» et «ligne à grande vitesse». Il sera froidement reçu. Ségolène Royal n'a pas oublié qu'il avait tenté de lui interdire, selon elle, l'accès à une réunion lors de la visite de Luc Chatel (à l'époque secrétaire d'État) chez Heuliez en mai. «C'est un grossier personnage», dit sans détour Mme Royal. Ambiance.
• Les élections régionales de 2010. Ségolène Royal est très présente sur le territoire depuis quelques mois. À moins d'un an des prochaines élections (mars 2010). Elle se défend d'avoir accéléré le rythme: «C'est mon travail. Nous entamerons la campagne électorale au dernier moment.
Les gens savent ce que nous avons fait.» Elle refuse de parler tractations avec les Verts, le PC ou les radicaux. «L'équipe est homogène, elle a bien travaillé. Mais je ne retiendrai personne si certains veulent faire leur liste.»
• Pas de politique industrielle. C'est le reproche majeur que l'ancienne candidate à la présidentielle fait au gouvernement en place. «Où est le grand chantier national de la voiture électrique qui aurait relancé Heuliez quand nous avons dû nous battre pour nous faire entendre?
Où sont les élus de droite quand je ne les vois ni dans le bassin sinistré de Châtellerault ni avec les ouvrières d'Aubade qui ont des idées. Il faut les soutenir.» Les salariées préconisent une spécialisation de la fabrication de lingerie de qualité grande taille. Des sous-vêtements XXL pour une région qui voit grand.
• «Le PS, je ne m'en occupe pas. Je soutiens Martine [Aubry, NDLR] dans son travail. Point. Je ne veux plus que mon nom soit utilisé à côté du mot courant. Un courant, c'est un rapport de force. Or, je m'appuie sur la base militante. Les courants ont toujours fait beaucoup de mal au Parti socialiste, ils détruisent les relations humaines.» Ségolène Royal préfère s'appuyer sur un triptyque: le terrain régional, le laboratoire d'idées de Désirs d'avenir et l'université populaire qui se réunit tous les lundis au théâtre Déjazet à Paris, relayée sur internet.
• La présidentielle de 2012? «Il serait tout à fait indécent de l'avoir en ligne de mire quand la préoccupation des gens secoués par la crise en est à cent lieues. Je n'y pense absolument pas et je me l'interdis par hygiène de vie personnelle.» Elle le jure, croix de bois croix de fer, et va en enfer si elle ment.
«C'est un sujet qui n'obsède que le monde médiatique.»
Sereine, décontractée, Ségolène Royal s'est livrée à une discussion à bâtons rompus avec la presse régionale, hier à Poitiers. Un échange qu'elle a instauré depuis près de six ans et qui est souvent, pour elle, l'occasion de faire passer une foule de messages.
Ce fut le cas hier, lorsqu'elle a évoqué le Parti socialiste, se gardant bien du moindre mot désagréable à l'égard de Martine Aubry. Bien au contraire, celle-ci devrait venir à l'une des universités populaires que Ségolène Royal a décidé d'organiser à Paris tous les lundis soir avec des plateaux souvent prestigieux.
Ainsi, lundi prochain, sera-t-il question des pesticides et de leur influence sur la santé de l'homme, avec la participation du cinéaste Jean-Paul Jaud et du cancérologue Dominique Belpomme.
« Le PS, je ne m'en occupe pas. Je l'ai souhaité mais, au bout du compte, ce n'est pas moi qui le dirige. On ne va pas mener une guérilla sans fin.Je soutiens ce qui est fait, je suis loyale. Un point, c'est tout », explique la présidente de Poitou-Charentes qui, c'est évident à l'entendre, ne supporte plus que son nom soit cité à tort et à travers dans le parti.
« Je ne veux plus que mon nom soit instrumentalisé par tel ou tel courant. Je ne suis pas dans un courant et j'ai obtenu 50 % des suffrages des militants.Toute ma vie j'ai été hostile aux courants. Ils ont toujours fait beaucoup de mal au PS, ils détruisent les relations humaines », s'emporte-t-elle, avant de préciser que Désirs d'avenir, ce que d'aucuns ont toujours considéré comme le... courant Royal, était sur le point d'être transformé en « laboratoire d'idées », ses principaux responsables constituant autour d'elle un conseil politique. « Des gens avec qui je discute dès que besoin. Pas de courant, mais alors sur quoi s'appuyer pour une éventuelle candidature à la présidentielle de 2012 ? La question est posée, la réponse tombe, cinglante : « Parler d'une telle candidature, c'est dérisoire quand vous voyez la cohorte de plans sociaux, les usines qui ferment, les machines qui flambent. J'avais Estrosi au téléphone voilà quelques minutes pour lui faire prendre conscience de la gravité de la situation dans une usine de sous-traitant automobile de la région de Châtellerault. À côté de cela, 2012, c'est vraiment dérisoire. Je n'y pense absolument pas, ne serait-ce que par hygiène personnelle. Ah non, au secours, ne nous abîmons pas là- dedans ! Et puis, dois-je rappeler que j'ai beaucoup donné ? »
Un mot pour regretter que « la droite s'empare de tout » - « vous avez vu qu'ils veulent lancer des jurys citoyens, et je ne parle pas de démocratie participative ! » - et elle avoue que son premier objectif, c'est Poitou-Charentes. « Je veux faire bien ce pourquoi je suis mandatée.
Ma passion, c'est la politique, et je suis profondément heureuse de tout faire pour sauver Heuliez. Ma force de frappe, ma notoriété, je l'apporte à Poitou-Charentes, ne serait-ce qu'à chaque fois que j'interviens à la télé. On me disait qu'en quittant l'Assemblée, je n'allais plus exister, qu'un président de Région, ce n'est pas très prestigieux dans la galaxie politique.
Or, une région, c'est un territoire vaste où l'on ne peut demeurer encroûté, où il faut être imaginatif. La politique et les projets vont de pair. » Serait-elle déjà en train de dresser un bilan en vue des prochaines régionales ?
« C'est quand, les élections ? » lance-t-elle, sérieuse, avant d'indiquer qu'elle lancerait sa campagne « le plus tard possible ». « Pour l'instant, nous sommes au travail. Après les soubresauts que l'on sait, il y a une très bonne ambiance dans la majorité. »
Et aussitôt l'ancienne candidate à la présidence de la République de repartir dans le concret, « dans le besoin d'articulation très forte entre le local et le global », dans sa politique de croissance verte citée en exemple bien au-delà de l'Hexagone.
De se réjouir de son prochain voyage à Dakar pour la conférence des ministres africains de l'environnement.
« On sera bientôt copiés une fois encore, puisque la Région a établi avec le Sénégal une coopération décentralisée prévoyant la mise en place de bourses tremplins, d'aides à l'élevage caprin », sourit la présidente de Poitou-Charentes qui, elle le jure, ne songe à rien d'autre qu'à quatre départements français...
• Le préfet de région, Bernard Tomasini, ne passera pas ses vacances avec Ségolène Royal. Le représentant de l'État avait dénoncé urbi et orbi l'attitude de la présidente de région qui, selon lui, avait décommandé au dernier moment le 22 juin son intervention devant les conseillers régionaux.
Il est annoncé lundi prochain pour présenter les dossiers «routes nationales» et «ligne à grande vitesse». Il sera froidement reçu. Ségolène Royal n'a pas oublié qu'il avait tenté de lui interdire, selon elle, l'accès à une réunion lors de la visite de Luc Chatel (à l'époque secrétaire d'État) chez Heuliez en mai. «C'est un grossier personnage», dit sans détour Mme Royal. Ambiance.
• Les élections régionales de 2010. Ségolène Royal est très présente sur le territoire depuis quelques mois. À moins d'un an des prochaines élections (mars 2010). Elle se défend d'avoir accéléré le rythme: «C'est mon travail. Nous entamerons la campagne électorale au dernier moment.
Les gens savent ce que nous avons fait.» Elle refuse de parler tractations avec les Verts, le PC ou les radicaux. «L'équipe est homogène, elle a bien travaillé. Mais je ne retiendrai personne si certains veulent faire leur liste.»
• Pas de politique industrielle. C'est le reproche majeur que l'ancienne candidate à la présidentielle fait au gouvernement en place. «Où est le grand chantier national de la voiture électrique qui aurait relancé Heuliez quand nous avons dû nous battre pour nous faire entendre?
Où sont les élus de droite quand je ne les vois ni dans le bassin sinistré de Châtellerault ni avec les ouvrières d'Aubade qui ont des idées. Il faut les soutenir.» Les salariées préconisent une spécialisation de la fabrication de lingerie de qualité grande taille. Des sous-vêtements XXL pour une région qui voit grand.
• «Le PS, je ne m'en occupe pas. Je soutiens Martine [Aubry, NDLR] dans son travail. Point. Je ne veux plus que mon nom soit utilisé à côté du mot courant. Un courant, c'est un rapport de force. Or, je m'appuie sur la base militante. Les courants ont toujours fait beaucoup de mal au Parti socialiste, ils détruisent les relations humaines.» Ségolène Royal préfère s'appuyer sur un triptyque: le terrain régional, le laboratoire d'idées de Désirs d'avenir et l'université populaire qui se réunit tous les lundis au théâtre Déjazet à Paris, relayée sur internet.
• La présidentielle de 2012? «Il serait tout à fait indécent de l'avoir en ligne de mire quand la préoccupation des gens secoués par la crise en est à cent lieues. Je n'y pense absolument pas et je me l'interdis par hygiène de vie personnelle.» Elle le jure, croix de bois croix de fer, et va en enfer si elle ment.
«C'est un sujet qui n'obsède que le monde médiatique.»


